De Ch’Picard et ché poetes

                      Les Hortillonnages, comme le quartier Saint leu a été un lieu d’activité typiquement amiénoise et par extension picarde. C’est durant des siècles, qu’un vocabulaire hortillon fût usité dans le site. Au mois de mai, de juin, sous la neige , dans son cabanon avec sa famille ou en barque à sillonner les rieux, on se laisse aller à la rêverie dans ce lieu enchanteur et donc sanctuaire des poètes et picardisants des environs.

Mots et Expressions typiquement hortillons

Faire la marée

Descendre en barque, puis vendre ces légumes aux marchés sur l’eau, là ou les prix de vente montent et descendent.

Le puchoir

Petit quai pour laver les légumes, situé dans le hangar à bateau

La logette

Cabane de stockage et de rangement sur la terre .Souvent habillé de fouailles pour isoler

Le radeau

Tressage de fouailles (c’est-à-dire de roseaux) servant d’écran contre le vent du nord

Ch’ cautron

Jupon utilisé par les hortillones pour protéger leurs vêtements

Le louchet

Une grande pelle utilisée pour extraire la tourbe ou la vase

La drague

Outil en forme de pelle articulée pour tirer la vase.

Tirer la vase

Draguer la vase

Le fourchet

Fourche en fer utilisée pour remuer la terre.

Ebouler la Terre

Bêcher la terre

La Faucarde

La faux utilisée pour couper les herbes des rieux

Ch’ intaille

Un étang, une tourbière

La batte

Spatule sur aviron utilisé pour tasser les pieds de berges en terre plaquée

La Pelle

La rame, silhouette incurvée employé aussi pour écoper le bateau

Ch’Ecueupe

Demi-gouttière au bout d’une gaule en bois servant à prendre l’eau des rieux pour arroser les rangs de plantations

Ch’mande

La manne rond tressé pour trasnporter les légumes au marché. On raconte que les hortillonnes de l’époque se réunissaient à l’île aux fagots

Aller à z’aires

Allez sur les parcelles pour cultiver ses légumes

 

Bon ché ben du picard, mais comme y a des français qui lisent voici quelques proverbes et dicton du coin dans la langue de molière.

Dictons des Hortillonnages

 

Ces dicton typiques ayant pour sujet le temps, des légumes et de la météo sont issus de l’ouvrage les hortillonnages de Paule Roy, vice-président de l’APSSEH en 1980.

Le tonnerre au matin, du vente signe certain
Tonnerre du soir présage un pluvieux orage
Lorsque le vent contre le soleil tourne, méfiez-vous, car souvent il retourne
Vent d’Ouest amène la pluie, l’été, la sueur il essuie
Temps qui se fait beau la nuit, dure peu quand le jour luit
Quand la lune se fait dans l’eau, deux jours après il fera beau
Un ciel rose à la fin du jour, du beau temps promet le retour
Ciel pommelé, fille fardée, se sont pas de longue durée
Crépuscule jeune et brillant, pour un peu d’eau beaucoup de vent
A la Sainte Agace sème ton oignon, fût-ce dans la glace
Qui veut bon navet, le sème en juillet

Et puis pour chés picards du coin, quelques « blasons » ou proverbes caustiques  des communes du site

Ch’est comme ‘ches filles ed Camon, leu jupon dépasse leu cotron
Il est comm’ ech’ curé d’Camon, y foit chez d’mand’s et chez répons

 

Edouard David, le chantre du site

 

Edouard DavidL’un des chantres à avoir le plus célébré le site est bien Edouard David avec son oeuvre  » Ché Hortillonnages » , un recueil de poèmes illustrés. Parmi les 450 picardisants répertoriés à Ch’Lanchron,le site deuch’ picard « cho Doère » fait figure de légende du quartier Saint Leu ou sont toujouché cabotansrs présentés le spectacle des ché Cabotans d’Amiens avec le rebelle Ch’Lafleur, en chef de fil. Une pièce dans les Hortillonnages a lieu avec chés cadoreux. N’hésitez pas à aller les voir.

Quand on entend un picard, çà fait plutôt peur aux vrais francophiles mais entendre chanter en dravie (mi picard, mi français) ou en picard, on peut assurément s’étonner qu’il y est un certain humour et une certaine beauté dans ce patois.Un dialecte qui a failli être notre langue nationale à une certaine époque. Voici quelques extraits de ce recueil pour les néophytes

 

 

Ch’est da l’vallé, d’Camon à ch’Baraban,
A quèqu’s longueurs ed ramon qu’est ch’gardan
Ou l’legueinm’pouss’comm si que ch’boin Dieu veuche
Preind’sin plaisir a li donner ch’coeup d’peuche
Ch’est lo qu’nou fleuve, amassant ses trésors,
Etranné, jette, ein,vrag’, tous ses debords,
Par chés mill’riux qui’d’vant d’raller à l’Somme
Torn’nt pis ratorn’nt…
Lo chés oisieux, aux canchons admirabes,
S’donn’nt reindez-vous da l’grand cafouilli’ d’abes.

 

Mais por afan qu’fuch’complet vou visite
Preindrez ch’bâtieu, allez donc, cho l’mérite;
Feufilez-vous pus avant par chés riux
O treuvarez d’quoi conteinter vos yux.

 

Bayez au loin, par chés treus foits à l’voûte,
ch’est l’Cathedral, nou, suberb’moumeint
Bayez sin coq qui s’ébot si crânn’meint
Su nou cité, su chés hortillonnages…

 

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